Bonjour, dans mon précédent article du 5 aout intitulé "Exubérance irrationnelle ou simple reflet des fondamentaux", je concluais : "les indices boursiers, sauf cygne noir, devraient rester solides durant le mois d'août, voire la première quinzaine de septembre, avec de nouveaux records à la clé (....) Au delà, mon scénario Elliottiste prévoit toujours la fin du bull market."
Les indices sont globalement restés stables jusqu'à la fin août, avant de reculer quelque peu sous les coups de boutoir des rendements obligataires et des prix du pétrole. Ces deux actifs peuvent-ils faire dérailler les marché actions ? Éléments de réponse en graphiques.
1) Analyse chartiste et Elliottiste :
Le STOXX 600 (indice européen élargi) :
L'indice européen a potentiellement achevé toutes ses vagues 5, ce qui le placerait à présent dans un cycle correctif pendant de longs mois C'est au conditionnel pour plusieurs raisons : 1) trouver le point d'inflexion des bull markets est un exercice très difficile 2) les moyennes mobiles longues montent encore. 3) l'indice n'a pas encore cassé de support.
Le CAC 40 :
Il y a de quelques moyens de savoir si les marchés sont topish ou non. Le premier est de s'intéresser aux indices faibles. S'ils décrochent avant les autres, ils peuvent être précurseurs.
Le CAC est devenu l'indice le plus faible en Europe, immobilisme politique sur la dette oblige. Il est le premier à casser un support, en l'occurrence 8 235 points. Et la récente baisse prend une allure impulsive.
Un autre moyen de savoir si les marchés sont topish ou non, c'est de s'intéresser aux indices forts. S'ils donnent des signes de faiblesse, c'est toute la cote qui pourrait finir par céder.
Le SOX a porté les indices pendant des mois, avec des effets d'entraînement sur d'autres secteurs : construction (centres de données), énergie, banques (financement)... Le SOX est en perte de puissance depuis le début de l'été. Faut-il s'en inquiéter ? C'est encore incertain.
Le DAX weekly :
Pour rappel, voici mon décompte Elliottiste privilégié sur le long terme. Nous serions au terme de deux bull markets : celui commencé en 2003 après la crise des Subprimes et celui entamé après la Covid-19.
Le DAX monthly :
Le DAX mensuel est exceptionnellement suracheté (MACD en bas). Je me méfie toujours des lectures extrêmes. Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel !
Le NASDAQ 100 :
Sur l'horizon Weekly, le Nasdaq 100 serait aussi en bout de course.
Le S&P 500 :
Il est possible que la vague 5 avorte à faire un nouveau sommet, et que le cycle de hausse soit complet.
Le DOW JONES :
On observe la même éloignement à la moyenne mobile qu'en 2024 et 2021.
2) Les indicateurs de sentiment (IS) :
Le AAII (CT) :
Nous sommes en zone neutre. Au regard des précédents bull market, le sentiment de marché devrait être optimiste. Pour rappel, les indicateurs de sentiment sont des indicateurs contrariens. Les marchés s'infléchissent à la baisse (hausse) lorsque l'optimisme (pessimisme) est fort.
Les put/call ratios (CT) :
Aussi en zone neutre.
Le VIX :
Plutôt en zone basse, sans être sur des niveaux extrêmes.
3) L'inter et l'intra marchés :
Les matières premières :
L'indice CRB est en vive hausse en 2026. C'est mauvais pour les actions, car les marges des entreprises industrielles vont se comprimer.
Le pétrole retrouve ses sommets. Seuls 20 % de notre activité est électrifiée. Nous dépendons fortement encore du pétrole. Cela va peser sur le pouvoir d'achat des entreprises et des particuliers.
Aujourd'hui, les actions sont 15 % plus chères que lors du précédent sommet du pétrole au mois d'avril.
Le gaz augmente. On est encore loin des sommets du début de la guerre, mais les prix ont doublé en trois mois. Les réserves de gaz de l'Union européenne sont remplies à environ 67 % en ce mois de septembre 2026, un niveau historiquement bas pour cette période de l'année.
Le marché obligataire :
C'est un signal majeur sur le T-Notes, qui sort par le bas de son rectangle. Cela arrive après l'annonce du du Trésor américain du triplement de ses rachats d'obligations à long terme. Kevin Warsh, en voulant rassurer les marchés, les a-t-il inquiété ? N'est pas Powell qui veut...
Le taux à 10 ans américains s'approche des 5 %. Cela va brider l'économie américaine.
En Europe, les signaux baissiers ont été lancés plus tôt. Le Bund et l'OAT ont cassé leur consolidation. Le spread Bund/OAT atteint 93 points de base. Le 10 ans français s'élève à 4,43 %. Comment les états déjà largement endettés vont-ils se dépêtrer de cette situation ?
La saisonnalité :
Elle est mauvaise.
L'appétit pour le risque :
Trois constats. 1) Les banques tiennent le choc, c'est positif (pas de réaction à la hausse des créances douteuses dans les bilans). 2) la construction décroche, c'est un secteur cyclique. 3) les secteurs défensifs Alimentation et Santé ne profitent pas des atermoiements boursiers.
Les CDS :
Les investisseurs se couvrent contre des risques liés à l'IA.
CONCLUSION :
L'inter-marché s'est considérablement dégradé ces deux dernières semaines. Généralement, une forte hausse des taux d'intérêts et des matières premières est difficilement compatible avec une bonne tenue des actions. Ces dernières tiennent le choc pour l'instant, mais pour combien de temps ?
L'analyse Elliottiste est compatible avec une baisse des actions, les indices forts (SOX) et sous-performants (CAC) signalent un probable affaiblissement général, le surachat reste problématique, la saisonnalité est défavorable, les CDS grimpent, les indicateurs de sentiment ne sont pas un obstacle. Ces éléments pourraient déboucher sur un épisode correctif des actions.
Relecture en cours...
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