dimanche 4 octobre 2026

L'Europe faiblit, les États-Unis résistent

 


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En complément de chaque article, je publie tous les jours (plutôt entre 12 et 14h) des graphiques pour affiner l'analyse. Vous trouverez ces graphiques en bas de page.

Mardi 6 octobre 11h52 : l'édifice repose sur la Tech. 11h55 : autre exemple.

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Bonjour, dans mon précédent article du 9 septembre intitulé "Le pétrole et les taux peuvent-ils faire dérailler les marchés actions ?", je concluais : "une forte hausse des taux d'intérêt et des matières premières est difficilement compatible avec une bonne tenue des actions (...). Cela pourrait déboucher sur un épisode correctif un peu plus intense des actions.

Les indices ont connu des fortunes diverses. L'Europe a souffert. Les indices larges européens ont abandonné du terrain et, au sein de la zone Euro, les indices riches en banques (Ibex, Mib) ont accentué le repli, tandis que l'AEX, riche en semi-conducteurs, amortissait le choc. Nous en venons aux États-Unis : les Nasdaq inscrivaient de nouveaux records, tandis que le Dow Jones, plus traditionnel, et le Russell 2000, sensible aux taux d'intérêt, reculaient. Le S&P 500 était stable. Les investisseurs procèdent donc à des arbitrages mais ne fuient pas le marché dans son ensemble. Y a-t-il un risque de baisse généralisée ? Éléments de réponse en graphiques.


1) Analyse chartiste et Elliottiste :

Le STOXX 600 (indice européen élargi) :

La présomption de la fin du bull market au mois d'août 2026 prend de plus en plus d'épaisseur. Le support majeur à 631 points a été attaqué jeudi. Je ne sais pas s'il va aussitôt se transformer en résistance. Si tel était le cas, nous entrerions dans une vague 3 baissière potentiellement assez virulente. Attention, si nous sommes bien dans la vague 1 baissière d'un bear market, il y aura une vague 2 haussière qui retrace souvent beaucoup (62 % en moyenne). Elle aurait lieu en novembre-décembre.


En données hebdomadaires, le MACD affiche une divergence baissière. Cela signifie que la hausse a ralenti. Ce phénomène précède souvent une correction baissière qui peut rejoindre le support à 601 points, voire, en cas d'accident, le dernier creux, soit 559 points.


Le CAC 40 :

Le CAC 40 est devenu l'indice faible en Europe, dans le sillage de son OAT, attaquée. Le mouvement baissier est impulsif et il déborde le simple schéma d'une ABC classique. 


Le DAX weekly : 

Pour rappel, voici mon décompte Elliottiste privilégié sur le long terme. Nous serions au terme de deux bull markets : celui commencé en 2003 après la crise des Subprimes (lettres oranges) et celui entamé après la Covid-19 (lettres mauves).



Le DAX Monthly :

Pour rappel encore, le DAX mensuel est exceptionnellement suracheté (MACD en bas). Je me méfie toujours des lectures extrêmes. Les arbres ne montent pas jusqu'au ciel !


Le SOX : 

Face aux taux et au pétrole cher, les investissements se déplacent vers les actifs les plus sûrs. Les valeurs technologiques offrent les bénéfices les plus élevés, écosystème IA en tête. Le SOX a repris sa surperformance face au S&P 500. La hausse a l'habitude de se réactiver au contact de sa moyenne mobile à 150 jours.



Le NASDAQ 100 :

Sur l'horizon Weekly, le Nasdaq 100 approche aussi de son sommet d'un point de vue Elliottiste. Mais c'est l'indice le plus fort, il est au plus haut historique et son retournement prendra du temps.


Le DOW JONES weekly :

On observe le même éloignement à la moyenne mobile qu'en 2024 et 2021. Le DJ sous-performe. Va-t-il revenir vers sa moyenne mobile ?


Le RUSSELL 2000 :

Il souffre de la hausse des taux et sous-performe logiquement le S&P 500.


Les marchés émergents :

L'ETF BIC (Brésil 11 %, Inde 6 %, Chine 75 %) affiche une performance très mitigée en 2026.




2) Les indicateurs de sentiment (IS) :

C'est un peu la confusion qui domine sur les indicateurs de sentiment.

Le AAII (CT) :

Le sentiment est baissier, ce qui, statistiquement, est favorable aux valeurs américaines.


Mais, ô surprise, ce pessimisme ne débouche pas sur une allocation réduite en actions. Celle-ci est au plus haut depuis 2017 et se rapproche des sommets de la bulle internet.



Confirmation par ce graphique : les actions sont au sommet chez les ménages américains.


Cet autre indicateur signale des flux hors normes. Lorsque la marche arrière sera enclenchée, ce sera dangereux.


Les niveaux de cash :

Cet indicateur de niveau de cash flirte avec des niveaux très bas. Toujours se méfier des lectures extrêmes. Si le cash se fait très faible, mécaniquement, les actions vont manquer de soutien, quel que soit le niveau des fondamentaux.


Les put/call ratios (CT) :

Ils baissent, ce qui mécaniquement constitue un risque baissier sur les actions. Nous approchons des plus bas de 3 ans, sans être sur des niveaux extrêmes.


Le VIX : 

Plutôt en zone basse, sans être sur des niveaux extrêmes.




3) L'inter et l'intra-marchés : 

Les matières premières :

L'indice CRB est au plus haut depuis plus de 10 ans.



Le pétrole reste bloqué sur ses plus hauts. Aujourd'hui, les indices actions sont significativement plus chers que lors du précédent sommet du pétrole au mois d'avril. Est-ce un bon positionnement ?


Le trafic dans le détroit d'Ormuz aurait repris son cours d'avant-guerre, pourtant les prix ne baissent pas. Peut-être est-ce dû aux stocks qui sont drastiquement bas.



Le marché obligataire :

Le signal est majeur sur le marché obligataire mondial. Le 10 ans américain dépasse les 5 %. En cause, on retrouve bien sûr le pétrole mais aussi le financement de l'IA. Selon Goldman Sachs, les émissions obligataires des hyperscalers devraient atteindre 263 milliards cette année et 420 milliards l'année prochaine. Il n'y aura pas assez d'argent pour tout le monde, ou alors à des taux prohibitifs.



C'est une gifle pour la France. Son OAT est passée de 3,5 à 5 % en quelques semaines. Cela va représenter 11 milliards d'intérêts en plus au regard des 340 milliards à lever l'année prochaine. Le spread OAT/Bund a doublé.


Les actions supportent rarement longtemps la hausse des taux.



La saisonnalité :

Elle est compliquée pour les actions. 



L'appétit pour le risque :

Il s'échappe du marché sur certains graphiques. En équipondéré (chaque valeur a la même pondération), le S&P 500 baisse. Cela signifie que les investissements se reportent sur les grosses capitalisations, plus sûres. La bonne tenue des marchés américains est un peu en trompe-l'œil.


Les investisseurs se jettent sur les valeurs technologiques et délaissent les valeurs défensives, à des niveaux jamais vus. Vous le savez, je n'aime pas les extrêmes.




CONCLUSION :

L'argent est toujours présent dans les marchés, mais il se déplace vers des actifs moins risqués. Ce "flight to quality" profite aux grosses capitalisations technologiques américaines qui tiennent le choc, tandis que les actifs sensibles aux taux d'intérêt reculent. Le S&P 500 se tient bien, mais sa structure interne montre une fragilité qui s'installe. L'Europe souffre, et sa sous-performance devrait perdurer.

Lorsque l'argent n'aura plus d'endroit où se réfugier, les actions seront mûres pour une baisse plus franche et généralisée. Le timing reste à déterminer. Cette baisse pourrait intervenir en ce mois d'octobre, en fonction des taux et du pétrole, avant le traditionnel rebond de fin d'année.

Relecture terminée. Bonne lecture.

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Mardi 6 octobre 11h52 : l'édifice repose sur la Tech.

Bonjour, voici un état des lieux des secteurs américains. Tout baisse sauf l'énergie et la Tech. Cela démontre bien un marché en trompe-l'œil. Le S&P500 n'est guère représentatif.


11h55 : autre exemple.

Voici le S&P500 avec tech et hors tech. Deux ambiances.