dimanche 31 mai 2026

Wall Street invincible ?

 


Bonjour, dans mon précédent article du 5 mai intitulé "Sell in may and go away ?", je concluais par les propos suivants : "L'analyse Elliottiste nous signale la fin imminente (question de jours ou de semaines) des grands bull markets initiés en 2003 et 2020 (...). Nous pourrions développer une phase plate de distribution (...). La première réelle secousse baissière ne pourrait intervenir que cet été".

Ce scénario ne s'est pas réellement produit. Les places américaines ont poursuivi leur course au record, les places asiatiques aussi. L'Europe demeure sous-performante, mais a réussi a grappillé quelques pourcents.

Mon article du 5 mai est-il obsolète ? Ou bien est-ce juste une question de temps avant que les marchés se retournent à la baisse ? Éléments de réponse en graphique.


1) Analyse chartiste et Elliottiste :

Le STOXX 600 (indice européen élargi) : 

Nous serions toujours, selon mon décompte, dans la vague 5 de 5 de V, autrement dit à proximité du bout du cycle de hausse initié en 2020. Aux termes de toutes ces vagues 5, nous pourrions réaliser un nouveau sommet. Cette hypothèse de nouveau sommet est accréditée par la résilience des indices aux prix élevés du pétrole, qui impactent mécaniquement l'inflation, l'obligataire, les marges des entreprises. Les mauvaises nouvelles ont pour l'instant peu de conséquences graphiques, ce qui est positif.

Le DAX weekly : 

Pour rappel, ce n'est pas seulement le cycle en 5 temps né en mars 2020 qui s'éteindrait dans les semaines à venir, mais aussi le cycle de hausse apparu en 2003 après l'explosion de la bulle internet.

Mais un bull market aussi long ne rendra pas les armes sans une phase de distribution qui devrait prendre quelques semaines à quelques mois (cercles oranges -> sommets de vague 1 et 3).


Le DAX monthly :

Pour rappel encore, si j'élargit le DAX en données mensuelles, le MACD n'a jamais atteint un niveau aussi élevé. Ce surachat historique incite à la prudence. Le MACD le mesure bien car il est non borné.


Le S&P 500 monthly :

Sur le S&P500, le surachat est aussi extrême.

Voici le graphique en données mensuelles. J'ai enlevé l'échelle logarithmique et je l'ai remplacée par une échelle linéaire afin de mieux percevoir l'envolée des cours de ces dernières années.

En soit, cette envolée est plutôt justifiée car l'économie mondiale n'a jamais été aussi prospère. Mais, vous l'aurez compris, je n'aime pas les surachats extrêmes. L'éloignement à la moyenne mobile est également colossale.

Reste qu'un surachat ne donne pas de timing de sortie du marché.

Le NASDAQ 100 :

Le décompte sur le Nasdaq 100 est calqué peu ou prou à celui sur le DAX. Il faut lui rajouter une bonne dose de surperformance, car c'est l'indice le plus fort, IA oblige. Là aussi, nous arrivons au bout des 5 vagues, avec un surachat maximal et des volumes records, qui ressemblent à des échanges de distribution. Difficile tout de même de savoir où va se finir. L'emballement est une force qui déforme souvent à l'extrême les cours !


Le KOSPI : 

La folie qui s'est emparée de l'IA a dynamité l'indice Coréen du Sud. X2 depuis avril.


Le NIKKEI : 

Le Nikkei aussi s'est sensiblement apprécié.


2) Les indicateurs de sentiment (IS) :

Le AAII :

Nul doute que cette hausse des indices américains est intimement rattaché au retour du pessimisme sur le AAII, sondage auprès des investisseurs particuliers. Les marchés haussiers s'éteignent généralement dans l'euphorie, or, elle n'est pas présente ! Peut-être faudra-t-il que le détroit d'Ormuz soit réouvert pour les esprits soient rassurés.

N'oublions pas que le moral des américains mesuré par l'université du Michigan est au plus plus bas historique. La guerre en Iran pèse comme jamais.


Les put/call ratios :

Les ratios put/call sont entre deux eaux, difficiles à décrypter. 


Le VIX : 

Le VIX, appelé aussi indice de la peur, commence à glisser vers sa zone de complaisance. Mais cela peut prendre quelques semaines avant de la rejoindre et de déclencher un signal de vente sur les actions.


3) L'inter et l'intra marchés : 

Le pétrole :

Il recule depuis depuis 10 jours, mais sans casser de support. Ce pourrait être une baisse en trois temps (une abc en Elliott) avant reprise de la hausse. On pourrait perdre encore 10 dollars à court terme vers 79 $. Tout est ouvert, c'est indécis, comme souvent lorsque les prix corrigent une tendance haussière.


Le marché obligataire  :

Pas de signal majeur pour l'instant sur le T-Notes, malgré le bond de l'inflation. La tension sur les taux est toutefois réelle mais les actions y résistent étonnement bien.



La saisonnalité :

Elle est mauvaise si j'en crois le graphique suivant. Mais ce graphique est pour l'instant battu en brèche.


L'appétit pour le risque :

On observe un regain des indices de small&Mid caps, ce qui indique qu'il y a de l'appétit pour le risque. C'est assez contre-intuitif compte tenu de la faiblesse du Bund. L'appétit pour le risque n'indique donc pas de chute imminente des indices.


L'indice français CAC Mid&Small a battu son record historique ! Il semble tiré par tout l'écosystème lié à l'IA.



CONCLUSION :

Les indices résistent plutôt aux mauvaises nouvelles, et cette résilience constitue un signe de force. Les indicateurs de sentiment dévoilent globalement peu d'optimisme et l'appétit pour le risque se réveille sur les small&caps. Ces éléments indiquent un marché encore solide, et cette solidité pourrait perdurer tout au long du mois de juin, malgré une saisonnalité de midterm en théorie peu favorable.

Gardons en mémoire le contexte général : l'analyse Elliottiste signale la fin à venir (question de semaines) des grands bull markets initiés en 2003 et 2020, dans un contexte de surachat maximal. L'été pourrait ainsi connaître sa première correction d'ampleur.

Relecture terminée. Bonne lecture !

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