mercredi 5 août 2026

Exubérance irrationnelle ou simple reflet des fondamentaux ?

 


Bonjour, dans ma précédente analyse du 1er juillet intitulée "Été à risque ou été d'opportunités ?", je concluais que : "A court terme, les indicateurs de sentiment signalent un degré de pessimisme trop prégnant pour déclencher une baisse des indices. Ces derniers devraient rester solides au mois de juillet".

Je rajoutais :"Sur le moyen terme (d'ici octobre), et si mon analyse est correcte, l'analyse Elliottiste signale toujours la fin à venir des grands bull markets initiés en 2003 et 2020, dans un contexte de surachat maximal".

Le titre de mon article pose la question : "Exubérance irrationnelle ou simple reflet des fondamentaux ?".  En effet, les fondamentaux n'ont jamais été aussi étincelants pour les entreprises, comme le montre le graphique suivant :


Du coup, ma prévision de fin du bull market pour la rentée est-elle toujours d'actualité ? Éléments de réponse en graphique.


1) Analyse chartiste et Elliottiste :

Le STOXX 600 (indice européen élargi) :

Rien de neuf sur le STOXX 600, mais j'ai du un peu revoir le décompte pour tenir compte des indicateurs de sentiment (j'y reviendrai plus bas). Nous serions au début de la vague 5 terminale, qui devrait s'étirer tout au long du mois d'août et début septembre (sauf cygne noir).


L'IBEX (Espagne) :

Il y a encore la possibilité d'ajuster le décompte, mais si je regarde l'IBEX, surperformant en Europe, donc avec des vagues plus affirmées, nous ne sommes a priori pas très loin de la vérité.


Le DAX weekly : 

Sur l'horizon hebdomadaire, le changement provient de l'ellipse orange. J'y voyais un parallèle avec les autres sommets de vague V.  Avec le nouveau record, nous nous en sommes éloignés. Le sommet n'est donc pas encore là, il faut le construire.


Le DAX monthly :

En données mensuelles, l'indice allemand affiche un record de surachat (MACD en bas), pour l'instant sans conséquence sur les prix.


Le NASDAQ :

Au regard des records sur le Dow et le S&P500, je dois revoir mon décompte. La 5 était une 3 et la grande consolidation de juin à août était probablement une vague 4. Reste à dessiner la 5.



Le SOX : 

La MM150 agit comme support glissant. Comme pour le Nasdaq, le décompte est revu. La vague 5 peut porter les prix vers de nouveaux records, à moins qu'elle avorte à cause d'un évènement imprévisible. 


Le S&P 500 :

Voici le nouveau décompte possible sur le S&P500.


Le KOSPI :

L'indice coréen a été dopé à l'IA. Le surachat historique (MACD en bas), dont je me méfie sur l'ensemble des indices, a rattrapé brutalement les cours. L'effet de levier via les ETF des millennials a joué à plein et a accéléré la chute.

Voici deux articles intéressants :

Sur le Kospi : https://www.bdor.fr/actualites-or/kospi-en-chute-libre-le-pari-a-effet-de-levier-ruine-des-milliers-de-jeunes-sud-coreens

Sur la chaîne de Xavier Delmas, l'histoire de gérants peu expérimentés totalement happés par l'euphorie des gains :

https://www.youtube.com/watch?v=YDoKmur8ciU


2) Les indicateurs de sentiment (IS) :

Le AAII (CT) :

Nulle trace d'optimisme sur le AAII, qui semble assez corrélé au SOX, avec son effet de richesse induit.


Les put/call ratios (CT) :

Le haut niveau des ratios put/call a entrainé l'inscription de nouveaux records. Le temps que l'indicateur redescende, il peut se passer quelques semaines.


Le VIX : 

Malgré les records, il tarde toujours à rejoindre le niveau de complaisance.


3) L'inter et l'intra marchés : 

Les matières premières :

L'or noir est encore 50 % plus cher qu'avant la guerre en Iran et les actions n'y réagissent pas. C'est une remarquable et rare décorrélation. 


Le cuivre est au plus haut historique. Très présent dans de nombreux secteurs industriels, là aussi, il n'impacte pas le cours des actions.



Le marché obligataire  :

Les taux sont élevés partout. Les actions ont d'habitude du mal à s'affranchir d'un marché obligataire dégradé. Ce n'est pas le cas actuellement. Les bourse mondiales sont exceptionnelles de résilience.


La saisonnalité :

A la rentrée, généralement, la saisonnalité devient moins favorable aux actions.


L'appétit pour le risque :

Malgré les taux élevés, auxquels les petites et moyennes capitalisations sont sensibles, le RUSSELL 2000 est en territoire record. C'est encore une fois remarquable de robustesse. 


Les secteurs montrent également de l'appétit pour le risque. Les secteurs cycliques surperforment presque tous, les secteurs défensifs sous-performent.

Les banques, malgré la hausse des créances douteuses dans les bilans, poursuivent leur parcours sans faute. La technologie se reprend grâce aux logiciels. Deux grands secteurs, luxe et automobile, traînent notamment à cause de la Chine. Est-ce un problème lié au pays ou un patriotisme qui éloigne les chinois des marques européennes ? Ces dernières sont moins désirables, c'est un fait.


La productivité liée à l'IA :

La productivité ne bondit pas aux USA grâce à l'IA. L'IA est-elle la révolution attendue ?


L'emploi aux US :

Comme dans tous les pays, l'emploi régresse.


Oracle et les flux de trésorerie disponibles :

Les CDS (credit default swap) sur Oracle ont atteint des niveaux record. Autant dire que les investisseurs craignent un défaut de paiement de l'entreprise, qui a investit massivement dans l'IA, mais sans avoir les reins aussi solides que les GAFAM.


Mais si les prédictions du graphique ci-dessous sont justes (sur quelles bases sont-elles réalisées, je ne sais pas), les trésoreries mises à mal par les investissements colossaux dans l'IA vont se régénérer en 2028. Il peut se passer tant de choses d'ici là. Actuellement, seul le flux de trésorerie disponible de Microsoft est dans le vert. Celui d'Oracle souffre le plus.



CONCLUSION :

De nombreux dangers économiques et graphiques sont présents : matières premières, taux, emploi, saisonnalité, surachat... Mais les marchés actions sont remarquables de résilience. Ils parient sur la résolution de la guerre en Iran, qui va mécaniquement agir positivement sur le pétrole et les taux. 

Les acheteurs bénéficient du renfort d'un élément de poids. Le pessimisme ambiant est en effet assez marqué, et d'un point de vue contrarien, cela empêche les marchés boursiers de baisser. Ces derniers, sauf cygne noir, devraient rester solides durant le mois d'août, voire la première quinzaine de septembre, avec de nouveaux records en vue.

Au delà, mon scénario Elliottiste prévoit toujours la fin du bull market.


Relecture en cours pour affiner l'analyse et corriger les fautes.


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